Journal d'une (jeune) maman

Journal d’une jeune maman: #4 : L’allaitement (long?) : mon expérience.

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Il est heureux le Choubi !

Aujourd’hui j’ai envie de parler d’un sujet qui me tient à cœur, l’allaitement. Je tiens tout de même à faire une sorte d’avant-propos. Je sais que le sujet déchire beaucoup de futurs parents. Je suis allaitante mais je ne suis pas pro-allaitement. C’est-à-dire que pour moi le choix fait par chaque femme sur le sujet est le bon choix tant qu’il est un choix personnel et fait dans l’intérêt des deux seuls individus qu’il concerne : maman et bébé. (Ou bébés d’ailleurs!). Par conséquent je ne tiendrais jamais de propos culpabilisant envers les femmes ne souhaitant pas allaiter ou étant encore hésitantes. Je n’essaierai jamais de convaincre par des arguments culpabilisant des (futures) mamans. Cet article n’a pour but que de partager mon expérience après dix mois et demi d’allaitement. De plus il me semble important d’ajouter que mon expérience est personnelle et ne peut valoir pour tout le monde. Mais ça peut être un aperçu utile.

1 – Le choix de l’allaitement :

Pour ma part ce fut un choix assez spontané et naturel. Je pense que l’environnement joue probablement un certain rôle. J’ai été allaitée, j’ai vu mes sœurs allaiter leurs enfants. Je ne me suis donc pas posé la question, peut-être à tort, je ne saurais le dire. Je dois avouer que c’est lors d’un temps de préparation à l’accouchement dans ma maternité que j’ai vu les premiers doutes d’autres mamans. Des questionnements légitimes autour de la contrainte, de la fatigue, et même du rapport à son propre corps. Et ces questions qui ne m’étaient pas spontanément venue se sont posées à moi. Cependant le doute n’a pas duré longtemps. Très naturellement mon choix s’est confirmé. Par soucis de praticité : pas de biberons signifiait pour moi pas de nettoyage, pas de préparation, pas de conservation de produits, etc. Pas besoin d’anticiper non plus lors des sorties par exemple. Par soucis économique : pas de produits à acheter, ils sont chers à mon sens ces produits (je trouve ça dégueulasse d’ailleurs, surtout pour les produits maternisés sans lactose qui sont scandaleusement chers). Par soucis de diététique (je ne sais pas comment appeler ça autrement) : je ne suis pas fan à l’idée de donner du lait de vache, et au-delà de ça, je suis séduite par le fait que lait maternel change de goût selon ce qu’on mange et les nutriments sont différents et on peut interagir avec le bébé et ses besoins selon notre alimentation. Ça a également des points négatifs du coup, pas d’alcool ni certains médocs ou aliments, etc. Mais sinon, je trouve ça vraiment génial. Je ne parlerais pas du facteur santé. Si j’ai fait le choix de l’allaitement c’est parce que je le pense meilleur pour nous deux, mais ce n’est que mon avis et des milliers de bébés sont nourris au lait maternisé et ne s’en portent pas plus mal !

Encore une fois ces considérations sont personnelles et doivent se réfléchir en fonction de nombreux paramètres et notamment savoir comment on se sent avec son corps, en a-t-on l’envie mais aussi est-ce compatible avec le travail, la garde de bébé?

2 – Seins et grossesse :

Petit « chapitre » sur les seins durant la grossesse. Simplement pour dire que peu importe que vous souhaitez allaiter ou non les seins changent, bougent, grossissent (en règle générale j’imagine que ce n’est pas le cas de toutes?). Perso, j’ai eu droit au symptôme des seins qui deviennent énormes et douloureux, du genre insupportablement douloureux, les premières semaines/mois de grossesse. Au point de me demander comment je pourrais supporter un nourrisson accrochés à ceux-ci. C’est passé, ils ont mêmes dégonflés ou du moins, se sont assouplis. Cela a rendu le reste de la grossesse plus tolérable. Je dois préciser que je n’étais pas extrêmement épanouie en tant que femme enceinte. J’aimais sentir mon bébé bouger par exemple mais clairement voir mon corps changer, enfler, se tendre ne me plaisait que moyennement. J’ai redouté pour la peau de mes seins mais la grossesse n’a pas laissé de traces sur eux. Pas de vergetures. J’attribue cela un peu aux soins assidues que j’ai apporté à ma peau mais surtout beaucoup à la chance (probablement génétique?) d’une peau souple et élastique visiblement.

Je n’ai eu aucune perte de lait de toute ma grossesse. J’avais également quelques inquiétudes quand au fait qu’un de mes tétons était alors percé. J’ai retiré le bijou à quatre mois de grossesse pour laisser cicatriser mon téton. C’est à cette occasion et grâce à une SF, que j’ai appris que le sein et le téton ne disposent non pas d’un canal où passe le lait mais de plusieurs. Le téton est comme une éponge relié aux glandes mammaires par plusieurs petits canaux (plus ou moins nombreuse selon les femmes). Grande découverte, moi qui pensais naïvement que le lait était acheminé par un seul « gros » canal.

3 – Montée de lait :

Ah ! La montée de lait… Encore une fois ce « chapitre » concerne toutes les femmes, futures allaitantes ou non. Pour ma part la montée de lait a commencé deux jours après mon accouchement. Je crois que je n’étais pas préparée à ça. Je pense qu’encore une fois nous ne sommes pas toutes égales sur le sujet, mais la mienne a été extrêmement douloureuse. J’aimerais pouvoir trouver des photos pour montrer à quel point c’était impressionnant. J’ai eu les seins durs comme du bois (et l’image n’est pas exagérée pour un sou) et énormes. Mais ÉNORMES. Je n’aurais jamais cru qu’ils puissent gonfler autant. C’en est presque effrayant à vrai dire mais surtout ça fait extrêmement mal. Il est difficile de décrire cette douleur, c’est un peu comme celle des règles mais en x10 ou x100. Je l’ai trouvé quelque part pire que celle de l’accouchement parce qu’elle est constante. Bien que bébé tétait bien, la douleur s’estompait quelques minutes pour revenir de plus belle ensuite. De plus à chaque tétée, bébé ne tétant qu’un sein, l’autre gonflait pendant l’allaitement de son compagnon, parce qu’il faut savoir que quand un sein est stimulé, l’autre travaille également. Et je peux vous dire que je le sentais travailler, et pas pour rire. Ce qui fait que 1) j’avais mal et 2) j’ai vécu dans l’humidité des semaines durant. Le second sein étant stimulé par l’allaitement du premier et n’étant pas drainé bah simplement il coulait. Bon ça vend pas du rêve dit comme ça, c’est sur. Mais il faut savoir que de plus en plus de maternité (peut-être toutes?) ne donnent plus de médicaments pour empêcher la montée de lait mais la laisse passer naturellement (avec l’aide d’anti-inflammatoire cependant)

Les seuls remèdes qui fonctionnaient à peu près pour moi étaient les douches très chaudes avec massage des seins pour essayer de les détendre et d’éliminer quelques gouttes qui pouvaient soulager la tension, et le reste du temps de poser des poches de glaces dessus. Une astuce simple proposée à la maternité pour faire des poches de glaces maison: imbiber des couches de bébé d’eau et les mettre à congeler. C’est économique, en cas d’urgence, on en a toujours sous la main et ça permet de faire un plus grand roulement puisque ça coute peu cher. On propose des médicaments à la maternité et bien que j’ai craqué une fois ou deux tant c’était douloureux (au point de ne pas pouvoir dormir ou de me faire réveiller de douleur, quand enfin je parvenais à m’endormir) j’ai essayé d’éviter la prise de médicaments au maximum. C’est une simple question de point de vue sur le sujet, en règle générale je ne prends que très rarement des médicaments. Ils étaient efficaces certes mais peu de temps en comparaison à la posologie imposée.

Il me faut également préciser qu’à ce moment de l’allaitement, les tétées provoquent des contractions utérines. En fait c’est l’un de points positifs (et négatifs?) de l’allaitement, une réaction hormonale fait que quand le bébé tète, l’utérus se contracte pour reprendre sa forme et sa taille initiale. En soi c’est top, le travail en est accéléré et le ventre reprend plus rapidement sa forme « normale » (on reviendra sur les guillemets) mais il faut avouer que c’est assez désagréable voire douloureux. Les deux cumulés, c’était pas une partie de plaisir mais très vite ça s’arrête. Je comprends que l’allaitement puisse refroidir quand on doit gérer les douleurs des seins et de l’utérus. D’ailleurs je trouve que dans l’ensemble, les premiers moments de l’allaitement sont une sorte de parcours du combattant et n’ont rien de simples.

Bon ceci dit la montée de lait ça passe. J’ai eu la chance de n’avoir aucun engorgement ni crevasse. Ceci dit j’ai fait pas mal de prévention contre les crevasses en mettant du castor equi sur mes tétons.Malheureusement ce n’est pas vegan mais j’ai entendu dire que le mieux c’était de mettre du lait maternel sur ses tétons et de les laisser le possible à l’air libre. Il existe également des coquilles de nacre qui sont onéreuses mais fonctionnent très bien paraît-il. Si les douleurs des tétons sont trop fortes il ne faut pas hésiter à consulter (une sage femme ou un médecin), ça peut être une mycose par exemple et un traitement est envisageable. Surtout, quoi qu’il arrive, ne restez pas avec une douleur insupportable sans rien faire, ça n’est jamais « normal » de souffrir. Et parfois la douleur peut faire arrêter l’allaitement alors que des solutions existent, c’est dommage si vous souhaitiez continuer.

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4 – Les premières semaines :

La véritable difficulté de l’allaitement, à mon sens, est de le mettre en place comme on dit. C’est-à-dire de trouver le bon rythme et de se créer une lactation viable et durable. Pour ma part j’ai eu un nourrisson collé au sein quasi en permanence donc du côté de la lactation il n’y avait pas de problèmes, au contraire. Tous mes t-shirt étaient trempés, je me réveillais dans la nuit parce que je dormais dans une mare humide de lait, bref le top du glamour et du confortable quoi. Je dois avouer que toutes les protections jetables que l’on glisse dans les soutifs ne faisaient pas le job, c’est comme mettre une serviette hygiénique pour la nuit quand on a des règles surabondantes. Ça finit mal. (Je parle en connaissance de cause). J’ai donc porté des coques les premiers temps jusqu’à ce que ça se calme. Bref pour moi le plus contraignant c’était bien ces coulées permanentes et abondantes. Rien d’agréable au fait de changer trois fois de haut par jour ou de dormir dans l’humidité.

Ceci dit mon allaitement s’est bien mis en place, bébé tétait souvent, très très souvent, toutes les heures au début, il a mis pas mal de temps avant d’espacer. Plusieurs mois. Ceci dit mon cas n’est pas une généralité et je connais beaucoup de bébés beaucoup plus facilement et spontanément réglés que le mien. J’ai eu un cas particulier de bébé vissé au sein. D’ailleurs je pense que c’était ça le plus dur pour moi, gérer le fait d’avoir un mini symbiote collé à moi à toute heure du jour et de la nuit. Autant j’aime d’amour mon bébé, autant dormir sur le ventre, le dos, en étalant mes bras et surtout pouvoir aller faire pipi tranquillou me manquaient.

L’une des autres difficultés de l’allaitement c’est d’être capable de laisser aller. De lâcher prise. De se dire que oui peut-être que ça va être contraignant au début, qu’il va falloir faire encore abnégation de soi durant quelques semaines. Réussir à être zen avec ça et ne pas trop se mettre la pression si bébé ne respecte pas les rythmes soit-disant « normaux » d’un nouveau-né (selon les livres). Ça c’est peut-être même une condition sinequanone d’un allaitement réussi. Et être capable de lâcher prise si ce n’est plus supportable. Arrêter l’allaitement n’est pas un échec. Si on a besoin de dire stop, il faut le faire. Je comprends qu’on puisse en avoir marre, être trop fatiguées ou avoir simplement besoin de retrouver son corps à soi rien qu’à soi.

Qu’ajouter sur les premières semaines ? On vous donnera tout un tas de choses à faire ou ne pas faire. Le mieux c’est de se faire confiance. Les recommandations extérieures peuvent être anxiogênes. Moi on m’a dit « tu peux pas toujours être à son service ! ». Ca m’a perturbé un peu puis j’ai dis merde je fais bien ce que je veux et comme j’estime que c’est le mieux. Pour moi et pour bébé. Nous deux d’abord, les avis et intérêts des autres bien, bien, bien après ! Peut-être que se faire confiance est aussi une clé de la réussite. Mais pas que pour l’allaitement en fait !

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5 – L’allaitement au fil des mois…

Après plusieurs semaines, voire mois selon les personnes, l’allaitement se simplifie. C’est moche quelque part parce que c’est au début, quand on est fatiguée et à bout de nerfs qu’il faudrait que ce soit simple. Mais pourtant mon expérience me montre que c’est avec le temps que ça va de mieux en mieux. Après trois ou quatre mois d’allaitement intensif, bébé s’est « calmé ». Il a tété de moins en moins souvent, moins longtemps. J’ai beau adorer mon bébé, allaiter toute la journée c’est épuisant. J’étais contente qu’il prenne un rythme plus raisonnable et viable pour moi.

A dix mois, il tète toujours. La diversification a pas mal aidé aussi, il faut bien le dire ! Maintenant le sein a une grande part d’affectif, c’est une façon de faire des câlins pour lui. S’il est triste, fatigué ou quoi que ce soit, il va chercher le sein. Ça après, c’est propre à chacun*e. Moi je le veux bien, je le laisse faire pour le moment mais je comprends qu’on puisse ne pas vouloir faire doudou-tétine et je pense qu’il est tout à fait possible de faire autrement.

Sa nourriture principale (à dix mois et demi) reste le lait maternelle. Il mange à côté mais la nourriture principale les douze premiers mois est encore le lait d’après l’OMS. Je ne me mets pas de pression quant au sevrage de bébé. Je n’ai pas de date d’échéance ni de calendrier à respecter. De fait, je pense faire ça pendant des vacances déjà mais sûrement pas avant l’automne prochain. J’attends de sentir le bon moment, tout simplement.

***

En Conclusion, je dirais que l’allaitement c’est peut-être un choix du cœur avant un choix de raison. Si l’on s’oblige, si l’on se contraint, je doute que ça puisse se passer correctement parce que ça demande vraiment une certaine abnégation. Moi j’avoue que mon corps me manque, je veux dire avoir mon corps à moi et rien qu’à moi. Ne pas le partager. C’est pas facile d’être à disposition physiquement pour bébé. Mais moi c’est une aventure (oui oui j’ai bien dit AVENTURE ahah c’est mon côté Koh Lanta) que j’ai adoré, que j’adore encore. J’aime allaiter, si difficile que ce puisse être par moment. Et je crois que bébé ne s’en plaint pas non plus vu sa petite trogne.

N’hésitez pas à me contacter en cas de questions, je veux bien partager mon expérience autant que nécessaire. Et surtout n’hésitez pas à me partager vos expériences sur l’allaitement, j’adorerais lire des témoignages !

Des Bisous !

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