Journal d'une (jeune) maman

Journal d’une (jeune) maman #1 Accouchement.

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Photo à J+5

Accouchement :

          Nous y voilà ! J’aurais vraiment tarder à en parler de mon accouchement. Le fait est que je l’ai adoré et quand j’adore quelque chose, je n’ai qu’une envie c’est de le garder pour moi. Ça peut sembler égoïste et ça l’est peut-être, mais c’est comme si j’avais peur de « perdre » quelque chose à en parler. Voilà maintenant neuf mois sont passés. Déjà. Et je sens que le moment de graver ce merveilleux moment est arrivé !

       Comme vous l’aurez sans doute compris, j’ai eu un très bel accouchement. Douloureux, éprouvant, certes, mais vraiment merveilleux.

    Je ne sais plus si je l’avais dit mais j’ai choisi d’accoucher aux Bluets. Maternité ô combien connue des futures mamans qui veulent un accouchement physiologique et dans le respect de maman et bébé.

       J’aimerais infiniment remercier le personnel des Bluets qui dans sa grande majorité (on y reviendra) est vraiment formidable !

         Je vais faire un récit rapide des événements afin de situer les choses.

1 : Récit d’accouchement :

        Je me suis réveillée ce matin-là avec du liquide (coloré) dans la culotte et la désagréable sensation (ou certitude?) que la poche était fissurée. J’ai fait le choix de patienter 3 heures avant d’aller à la maternité. Déjà premièrement parce que c’était difficile pour moi de décider de l’urgence ou non, prise quelque part entre mes appréhensions de poche potentiellement percée (ou fissurée plutôt) et celles d’y aller pour « rien » et d’être renvoyée à la maison. Sommes toutes la peur de déranger les sages-femmes pour « rien ». Et ensuite parce que je voulais déjeuner tranquillement, prendre une douche et me préparer à potentiellement partir, tout simplement. Mais finalement j’ai pris la décision d’y aller tout de même pour en avoir le cœur net et être rassurée. Nous y sommes allés à pieds, 40 minutes de marche au soleil, c’était vraiment une belle balade ! (J’ai adoré me promener durant toute ma grossesse même si mon allure était considérablement réduite).

             Grand bien m’en a pris, car effectivement après le test qui consiste à insérer une sorte de coton-tige (ou papier? Je ne sais plus trop) dans le vagin pour faire un prélèvement puis à le tremper dans une substance qui révèle la présence ou l’absence de liquide amniotique, il s’est avéré que l’écoulement que j’avais constaté en était bien. La sage-femme m’a gentiment annoncée que je ne ressortirai qu’avec un bébé dans les bras. Sincèrement ça fait tout drôle. Evidemment je n’avais pas vraiment envisagé ce cas de figure et n’avais sur moi aucun bagage ni aucune affaire. Il a fallu que le papa repasse tout chercher. Heureusement j’habite assez peu loin de la maternité. Durant son absence on m’a posé le cathéter (je ne sais pas trop si c’est le mot ?) au-dessus du poignet et la Sage-femme a définitivement rompue la poche. Comment décrire cela ? L’impression de me vider à l’infini. Ce n’est vraiment pas agréable, c’est incontrôlable, on ne peut pas juste « se retenir ». Non vraiment, la poche des eaux est l’un des passages les plus gênants et désagréable de mon accouchement. Ce n’est absolument pas douloureux mais c’est vraiment désagréable. Après perçage de la poche, clairement le liquide était teinté donc pas de regret de ce côté, bébé a été stressé bien que j’ignore pourquoi, quand et comment.

            Installation des monitos de contrôle du cœur de bébé et des contractions. Tout va bien pour lui, niveau contractions, rien ou quasi. Autant dire qu’à 13h, ça annonce un accouchement pour le lendemain. La sage-femme m’explique que si le travail ne se lance pas seul il faudra mettre de l’ocytocine pour provoquer les contractions. Cela ne m’enchante pas parce qu’ocyto implique des contractions extrêmement douloureuses (plus que les contractions naturelles) et ça n’allait pas tellement avec mon projet d’accouchement physio et potentiellement sans péridurale. Surtout qu’il a fallu injecter des antibio vu que la poche a été fissuré à la maison dans la nuit qui a précédé. Cependant elle nous a laissé un délai pour essayer de voir si ça se mettait en route ou non, étant donné que le liquide amniotique contient des hormones sensées provoquer naturellement le travail.

              Bon je vais raccourcir la description de l’attente qui suit avec toutes les heures et demi le contrôle de l’ouverture du col. En gros j’ai eu la chance qu’il était déjà ouvert à un doigt et court en arrivant, ça a surement évité qu’en prime on me pose des tampons d’hormones. J’ai essayé de prendre un bain chaud (sensé ramollir et aider l’ouverture du col), marcher, etc. Bon clairement c’était lent. Ça avançait mais lentement. Alors la sage-femme m’a un peu forcée la main pour injecter l’ocytocine vers 17h. Encore une fois, je pense que cela aurait pu attendre encore un peu car le travail démarrait doucement mais semble-t-il que le médecin interne (ou que sais-je, un médecin de service quoi) a insisté fortement et qu’on a cédé parce que bah clairement c’est stressant. Bébé pendant ce temps allait très bien, égal à lui-même.

         Vers 19h les contractions ont commencé à être vraiment douloureuses bien que gérables. J’ai spontanément utilisé la technique de respirer en faisant un son rauque de gorge sensé apaiser. Je ne saurais expliquer cette technique elle m’avait été rapidement présentée lors de la préparation à la naissance et m’a semblée la plus appropriée sur le moment. Sincèrement, dans ce cas précis, on fait comme on peut pour surmonter la douleur. Je pense avoir assez bien géré jusqu’à environ 21h où la douleur est devenue littéralement insupportable. Je sais que certaines la supportent mais je n’avais pas été examinée depuis 19h où j’étais à 5 cm donc loin du bout du tunnel. J’ai demandé la péridurale à 21h, pendant le changement de service des SF. De 19h à 21h15 en tête-à-tête avec la douleur par intermittence (courts répits car les contractions provoquées par l’ocytocine étant « artificielles » je n’avais quasi pas de repos entre chacune, contrairement aux contractions naturelles. C’est-à-dire que les contractions se suivaient par trois sans redescendre au niveau zéro de douleur et chacune plus forte que la précédente.)

        La nouvelle SF est arrivée et m’a littéralement sauvée la vie. Les salles d’accouchement commençant à se remplir, l’anesthésiste n’était pas disponible à la demande et j’ai du attendre passée 22h pour qu’elle puisse poser la péridurale. Pendant tout ce temps les douleurs étaient encore moins gérables qu’avant pour la simple et bonne raison qu’une fois qu’on a lâché dans sa tête tout devient plus difficilement gérable. La SF m’a tenue la main, a coaché le papa pour qu’il soit le plus « utile » possible en me soulageant et surtout elle m’a donné le masque de gaz qui « soulage ». Pour être claire ça défonce alors on a mal mais différemment. Bref. 22h péridurale. Le papa a pu rester et m’a soutenue car les contractions ne descendant que très rarement c’était difficile pour l’anesthésiste de piquer au bon moment. Je dois avouer qu’avec tout ce gaz cumulé à la douleur il m’est difficile de me rappeler avec précision de cette heure écoulée. Tout ce que je sais c’est qu’en moins de 15 minutes la douleur était passée. La SF a admis que mes contractions étaient très fortes, ce qui m’a déculpabilisé un peu d’avoir céder à la péridurale. Parce que oui, c’est bête mais on culpabilise quand on a pris une décision après y avoir mûrement songé et qu’on abandonne en court. De toute façon la grossesse et la maternité sont emplies de culpabilités diverses et variées. Aujourd’hui je suis en paix avec ça !

            Après avoir été soulagée, la SF m’a dit qu’elle pensait que j’étais prête à pousser mais que le mieux était de laisser descendre le plus bas possible bébé. Elle est revenue à 23h passée, le temps de s’installer en trois poussées il était là et je l’avais dans les bras.

 2 : Plus et moins :

               Bon, clairement j’ai eu de la chance. En 12h à la maternité bébé était là et surtout en 5 ou 6 heures de travail réel. C’était rapide, surtout en arrivant avec zéro contraction. Je ne saurais jamais si ça a été rapide à cause des hormones ou si ça vient de mon corps mais en tout cas ce fût un bel accouchement. J’en garde un très beau souvenir, très émouvant. Un moment rare de complicité que j’ai pu vivre pour MOI (pour NOUS avec bébé & papa) et où le reste du monde ne comptait pas. C’est fort en émotions. La SF qui m’a aidée à accoucher était vraiment géniale et c’est exactement pour ça que je voulais accoucher aux Bluets. J’ai un fort sentiment de reconnaissance vis-à-vis d’elle pour son travail et son soutien. Et, chose que je n’ai pas précisé jusqu’à présent, pour ses explications. Tout était très clair, expliqué, elle nous a proposé (ça peut sembler incongru mais en fait c’est « normal » de le proposer finalement) de voir le placenta, m’a expliqué que j’avais une sorte d’éraflure et m’a proposé de me faire un point dessus ou non selon mon ressenti par rapport à ça. Bref, une vraie relation et une véritable communication. Ça fait neuf mois que je pense à cette femme avec beaucoup d’émotions et l’envie de la remercier sans trop savoir comment faire.

               En revanche… La première SF n’était pas du tout du même moule. Elle n’a été que peu présente alors même qu’une personne souhaitant accoucher sans péridurale a besoin d’une présence spécifique et que la maternité était vide jusque dans la soirée. Elle était assez expéditive, peu d’envie d’expliquer et un certain agacement devant nos questions rapport aux produits qu’elle injectait ou souhaitait injecter. Elle n’était pas désagréable mais je pense qu’elle aurait préféré qu’on suive le mouvement comme elle le lançait sans trop s’interroger. De fait elle n’avait surement que peu envie de passer du temps avec nous. Elle ne m’a rien proposé pour me soulager lorsque j’avais (vraiment) mal, tout en connaissant mon projet de naissance. Ni masque, ni mouvements (je vous promets que sur le moment on oublie quasi tout de ce qu’on a appris en amont !). Bref un bémol pour cette SF à mon sens. D’ailleurs elle a simplement disparu à 19h et lorsque j’ai appelé vers 20h30 elle n’est jamais revenue. En gros le jour et la nuit entre les deux SF que j’ai vu ce jour-là. Ceci dit, il est aussi normal de ne pas avoir d’affinités avec tout le monde et je n’ai aucune amertume de ce côté.

            Tout le reste du personnel était vraiment top. Je n’ai rien à redire de ce côté. Mon accouchement était un très bel accouchement, sans complications, sans difficultés. Je garde un très beau souvenir de ce moment que je pourrais revivre demain si on me le proposait.

3 : Rencontre avec bébé :

              Que puis-je dire de ce moment ?

        C’est sûrement le moment le plus émouvant que j’ai jamais vécu. J’ai pleuré d’ailleurs, pendant cinq minutes à grosses larmes, tout se relâche hein ! Il a fait le fameux pleur de naissance qui a duré une minute à peine et il était magnifique ! Pas bleu. Un peu bouffi comme quelqu’un qui a trop dormi. Adorable. Recouvert de vernix en quantité impressionnante, comme une sorte de couche de crème, mais il est né avec 20 jours d’avance donc rien de surprenant. Ce qui nous a marqué c’était ses mains déjà grandes et ses oreilles minuscules et collées contre son crâne. Ça vend pas du rêve comme ça mais je n’ai jamais vu un bébé aussi beau. Si. Et oui. Je ne suis absolument pas objective et c’est parfait comme ça !

            Il a souri (c’était surement un rictus, ok, mais prédictif de son heureux caractère que je peux confirmer aujourd’hui) et a attrapé le doigt de son papa directement avant de s’endormir. Il n’a pas vraiment tété, je pense qu’il était peut-être un peu assommé aussi de l’épreuve. L’éjection du placenta s’est passé en cinq minutes et une grosse poussée, sans soucis, sans douleurs, je m’en suis à peine souciée tant j’étais obnubilée par mon bébé.

           Il est bien resté une heure et demi sur moi avant d’être habillé, pesé etc. La SF a tout fait avec papa qui lui-même un peu sonné après cette riche journée. Il a dormi tout le temps où nous sommes restés dans la salle d’accouchement, n’a pas pleuré à part les quelques instants qui ont suivi la naissance. On ne l’a pas essuyé, sa peau a bu le vernix qui la recouvrait. C’est impossible de décrocher les yeux de son bébé une fois qu’il est là. C’est magique, vraiment !

4 : Les suites …

           Une fois bébé né, je suis restée allongée un certain temps, j’ai demandé mille fois qu’on m’enlève la péridurale parce que j’avais envie de faire pipi et qu’à un moment quand ça urge il faut y aller quoi ! Après avoir habillé bébé on m’a enfin libérée de la péridurale, j’ai pu me lever et aller aux WC. La péridurale était parfaite, assez pour endormir la douleur mais pas trop puisque j’ai pu me lever et traverser le couloir de suite après l’avoir enlevée ! C’était parfait.

         Sinon, eh bien… Tous les côtés pas chouettes de l’après accouchement : le ventre flasque et un peu gonflé (et encore je n’ai pas à me plaindre, je n’avais déjà plus l’air enceinte, ballonnée tout au plus). Mais ça n’est pas agréable.

            J’ai choisi de faire deux minuscules points sur l’égratignure que j’avais sur les lèvres, et mine de rien ça pique après coup. Pas énorme mais après avoir fait passer un bébé par son vagin, les points c’est comme la goutte d’eau une fois que la péridurale n’agit plus ! Quand on m’a monté dans la chambre (en fauteuil roulant) j’étais assise au bord quoi.

        Sinon que dire de plus dans les suites immédiates ? Un peu faible et fébrile, impossible de dormir bien que bébé dormait, lui. J’avais qu’une envie c’était me doucher mais j’ai été prise d’une grosse flemme et surtout papa avait vraiment envie de dormir (ce que j’aurais dû faire aussi).

        Je pense avoir tout dit mais si jamais vous avez des questions n’hésitez pas !

5 : BREF, en conclusion…

      J’ai eu l’accouchement que je voulais. Ou un des scénarios que j’envisageais disons. Evidemment je n’imaginais pas les choses comme ça mais je crois que c’est ce qui fait e charme de ce moment, c’est surprenant. Mais j’ai adoré ce moment, comme je le disais plus haut, je pourrais le revivrai demain si je le pouvais. Pour être précise je n’ai pas eu l’accouchement que je voulais mais j’ai eu un accouchement comme je l’espérais : simple, rapide, plein d’amour et de belles émotions.

         Je tiens également à préciser que je refuse de participer au mythe qui veut qu’être mère ce n’est QUE du bonheur ou que c’est facile et tout rose, toutes ces images qu’on se fait de la maternité. Ces images que l’on veut nous vendre. Cependant, il faut que j’avoue que mon accouchement était vraiment un merveilleux moment. Je l’ai véritablement adoré. S’il y avait eu des choses à redire, je les aurais dites.

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