Journal d'une femme enceinte

Journal d’une femme enceinte : #4 : Les changements.

Illustration tirée du site Kopines

Illustration tirée du site Kopines

Pour commencer, mes sincères excuses pour ce mois et demi sans nouvelles. C’est un grave manquement, sachant qu’une grossesse ne dure que neuf moi de surcroît.

La grossesse est un état particulier, vraiment très spécial, dans la vie de tout être. Je pense que c’est d’une certaine façon, très spécial pour le*a coinjoint*e également. Mais n’étant pas de ce côté de la barrière je vous parlerai en mon nom propre.

Très sincèrement, je ne pensais pas, ou plutôt je n’imaginais pas que ça changerait (déjà) autant de choses dans ma vie, dans ma tête et dans toute mon appréhension du monde.

            1 – Le corps change (eh oui ! Lapalissade merci bien) :

Le corps change considérablement, oui. C’est très beau, j’avais hâte, et en même temps ça a quelque chose de très difficile. Dur de réaliser pleinement ce qu’engendrera une grossesse avant de le vivre, et je pense n’être pas la plus « à plaindre[1] » en la matière.

Le ventre grossit, ça c’est une évidence, d’ailleurs ça prend plus de temps que ce que l’on s’imagine. Je suis actuellement surprise de voir que dans les films et les séries il est quasi inconcevable de dire d’une femme qu’elle est enceinte sans lui mettre un énorme bidon même si elle n’est qu’à trois mois de grossesse (exemple qui me vient spontanément à l’esprit : Friends : Carole et Phoebe).  Le ventre c’est l’aspect agréable, à mon sens, du changement physique. Ça fait de vous une future maman, vous sentez de mieux en mieux le bébé bouger, ça fait réaliser beaucoup de chose (surtout quand c’est le premier, je suppose).

Les seins. Bon. Des plus, des moins. Ok quand on a une petite poitrine, ça n’est pas désagréable. Enfin si, au début ça fait mal, alors c’est pas rigolo. Au bout d’un moment, ne sentant plus rien, j’ai fini par trouver ça plutôt cool, si on oublie les petites veines qui forment un joli réseau routier. Jusqu’aux premières mini craquelures sur ma poitrine. Alors LA, c’est VRAIMENT moins drôle !! Ça m’a poussée à me poser la question de « jusqu’où ces changements vont-ils pousser mon corps dans ses retranchements ? ». Voir des cicatrices se former sur son corps, sans pouvoir y faire grand-chose, ça n’est pas évident. Ça demande, je trouve, une certaine capacité à renier l’amour de soi pour accepter ce qu’implique le bébé et l’amour de lui.

Le visage. Alors ça, non. Ça je déteste. Prendre des joues, vraiment, vraiment, je n’aime pas ça ! La cellulite sur les cuisses non plus, ça n’a rien de plaisant. Dieu merci je ne vois pas mes fesses !

Les kilos, pour ma part c’est bien sur la balance que ma grossesse explose aux yeux. Et oui, plus dix kilos en cinq mois. Bim. Dans ce cas là, le problème c’est la culpabilité qu’on éprouve ensuite dès qu’on mange quelque chose « qu’il ne faut pas ».

La grossesse, c’est vraiment une belle période d’euphorie à mon sens, mais il y a toutes les petites choses qui parasitent, ou non si on parvient à en faire abstraction. Avoir le corps qui change, ça peut être difficile à accepter, je suis persuadée de ne pas m’en sortir si mal que ça. Cependant, les changements que je vis ne sont pas encore ni énormes, ni trop flagrants.

[1] Si tant est qu’on puisse se plaindre de l’état, disons que c’est propre  à chacune.

        2- Le regard des autres : (changement moins profond & moins grave mais véritablement notable, je vous assure) :

Ça c’est le changement mignon/surprenant et un peu agaçant à la fois. La bienveillance soudaine qui vous entoure une fois que votre nombril est sur le même axe que votre menton. Je trouve cela véritablement étonnant. Un peu agaçant, je l’avoue, je trouve dommage que la courtoisie entre individus ne se limitent qu’à ce genre d’état particulier et « exceptionnel ». Cependant, étant donné que je fais partie des individus qui ne sont probablement pas des plus sympathiques, j’essaie de relativiser. Et je ne renie pas que les sourires, et les rabs de sauces ou tout autre aliment au restau ne sont pas pour me déplaire.

            3- La peur (la mienne ou les miennes) :

Avant ma grossesse, et jusqu’au 4eme mois environ, je n’avais jamais peur de rien. Enfin, pas peur pour ma propre personne disons. Depuis quelques temps, et de façon insidieuse, je commence à avoir peur pour moi, ou plutôt et par extension, pour mon bébé. J’ai acquis une certaine conscience de mon rôle vis-à-vis de mon petit, de ma santé dépend la sienne. De ce qu’il m’arrive dépend en partie, ce qui lui arrive. Alors, en bonne maladroite que je suis, je commence à faire attention, à redouter les accidents, chutes, les coups. J’ai tendance à instinctivement protéger mon ventre des autres, tout en ayant certaines difficultés à réaliser ma nouvelle circonférence.

Je suppose que c’est l’amour qui en augmentant progressivement pour mon bébé, augmente très certainement, ce que l’on appelle couramment l’instinct maternel et que je nommerais réflexes de protection.

Dans le domaine des peurs se placent également, et en bonne position, celles liées à mon environnement, mes capacités de future maman etc. Mais douter de soi est un travers que j’ai depuis pas mal de temps. Alors qu’avoir peur physiquement, c’est tout autre chose. Même les excès de vitesse en voiture m’angoisse. C’est dire.

Je prendrais comme contre-exemple les attentats du 13 novembre qui m’ont étrangement poussée à ne pas avoir peur mais à me surpasser pour offrir à mon enfant à naître, une vie un minimum épurée de mes propres peurs. Il aura bien assez à faire avec les siennes plus tard. Et j’ai envie de défier le monde entier pour au moins lui offrir quelque chose de positif à défaut d’un joli monde.

            4- L’amour parental :

Autre changement notable à ce jour, c’est-à-dire au début de mon 6eme mois de grossesse, c’est l’amour très particulier du parent pour son enfant, peut-être même oserai-je dire, d’une maman qui porte en elle son bébé. On va peut-être m’écarteler pour dire ça, mais partant du principe que chaque vécu est unique, il faut admettre que donc la spécificité de la grossesse doit bien apporter quelque chose de tout aussi particulier à l’amour d’une maman en gestation. Fin des justifications de la femme qui renie l’idée de l’instinct maternel.

Cet amour n’est pas une évidence, je ne crois pas du tout cela. Je pense qu’il est possible et pas inhumain, de ne pas aimer son bébé, ou pas tout de suite, ou pas avant de l’avoir vu. L’amour n’a rien d’évident. Mais je dois avouer que mon amour grossit au fur et à mesure que mon ventre enfle et que je me fais boxer de l’intérieur. Les échographies ne doivent pas être tout à fait innocentes là-dedans, voir le profil, les pieds, les mains de son bébé aide vraiment à imaginer le petit à venir, à le rendre plus réel. Parce que je trouve dur de réaliser qu’un bébé arrive. Mais c’est un autre sujet.

Et surtout, cet amour grandissant, cumulé à mes peurs nouvelles, je réalise toute l’inquiétude de mes parents, toute la légitimité de celle-ci, au nom de l’amour des parents pour les enfants si vous voyez ce que je veux dire. Et je vais vraiment essayer de développer mon amour et de diminuer mes propres peurs pour ne pas les appliquer à mon enfant. Mais disons que je regrette certaines frayeurs que j’ai fait subir à mes parents a posteriori.

Conclusion, le ventre grossissant presque à vue d’œil, je prends la pleine mesure des changements qui se jouent en moi, et pas que dedans mais aussi à l’extérieur. C’est évidemment mitigé, tous les changements ne sont pas plaisants, pas agréables, pas merveilleux mais il faut être honnête sur les faits et puis, au final, ce n’est pas si grave que ça. Pour le moment en tout cas ! Mais le plus gros point de cette conclusion sur les changements est vraiment la prise de conscience d’un amour qu’il m’était tout à fait impossible d’imaginer. Je n’ai pas le ton condescendant et prétentieux des parents qui disent aux amis « tu verras », je déteste ça, je ne prétends pas que cet amour surpasse tous les autres, il est différent, il est difficile à imaginer mais comme toute chose que l’on n’a pas vécu. Je n’ai aucune prétention sur ce sujet, je profite simplement d’un très bel état qui me donne la sensation de grandir et de combler quelque chose de nouveau en moi, comme une case qui s’ouvrirait et qui m’était inaccessible jusqu’à présent. C’est vraiment un très bel amour que je vis là.

Cet article est bien assez long comme ça et je ne doute pas devoir reparler des changements avant la fin du 9eme mois !

Alors bref, plein d’amour sur vous tous et toutes !

Des Bisous !

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