Journal d'une femme enceinte·Journal d'une femme imparfaite

Journal d’une femme enceinte : #3 : Peurs et culpabilité.

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Illustration : Margaux Motin :

*Moiquidécouvreunavantagedupremiertrimestre*

Je m’étais jurée de traiter d’un autre sujet que la grossesse, notamment d’un super livre duquel j’aimerais vraiment parler sauf qu’au final, je me rends compte qu’encore une fois, je ne suis capable d’écrire que sur LE sujet que j’ai dans l’esprit sur LE moment et que je suis parfaitement incapable de me contraindre. Ou du moins, je dois d’abord vider ma tête telle une chasse d’eau mentale, ou un bouton à presser, de l’idée qui me trotte dans l’esprit.

En bref, nous parlerons donc, grossesse, peurs et culpabilité.

Le premier trimestre est LA première étape de la grossesse, notamment celle que l’on est ravie de voir se terminer. Ce sont les deux mois les plus longs, frustrants et fatigants qui soient. Je dis bien deux, partant du principe que le premier mois, en règle générale, on n’est pas encore au courant de sa grossesse.

C’est une étape fatigante physiquement, il y a : les symptômes exacerbés provoqués par les hormones en furie et le corps qui tente, tant bien que mal, de s’équilibrer, de s’adapter à la grossesse et aux changements. Je dois avouer que je n’ai pas à me plaindre puisque c’est le seul réel symptôme que j’ai subi, ça et la constipation entraînant… des gazs. Bah ouais, c’est tout sauf sexy et glamour le premier trimestre.

1 : Les peurs.

Mais le pire, au final, c’est les peurs. J’ai déjà parlé des doutes, alors mettons ça de côté.

Je parle ici, des peurs viscérales liées au premier trimestre. La pire de toutes (à mon sens) est la fausse couche. On en entend parler durant cette période et surtout, on connaît tou*te*s des femmes qui en ont fait une ou plusieurs. C’est le cas de femmes dans ma famille, de femmes un peu plus âgées dans mon entourage également. Tant qu’on n’est pas enceinte, on relativise avec tellement de facilité. Après tout, ce n’est pas GRAVE, les trois premiers mois, ce n’est pas VRAIMENT un bébé. Et bin, mes cocos laissez-mois vous dire qu’une fois qu’on l’a dans l’utérus le petiot, je vous garanti qu’on ne voit plus du tout les choses de cette façon.

J’ai donc passé trois mois de ma vie à stresser, à vérifier en allant aux toilettes, que je ne saignais pas, ou à m’inquiéter si j’avais mal au ventre. Je pense que toutes les femmes ne vivent pas cette peur-là, et peut-être pas toutes de façon aussi frontale et violente que moi. Et je le souhaite vivement d’ailleurs. Mais peut-être mon absence de symptômes a eu pour effet secondaire de permettre à mon esprit de divaguer, de cogiter, de redouter. Je n’en sais rien.

Et puis, comme toujours, c’est quand on a peur qu’on va lire les pires choses sur le net. Je me reconnais bien là !

Et puis j’ai aussi lu un témoignage. Celui d’une femme qui avait fait plusieurs fausse-couches. La première fois elle avait « respecté » la règle tacite des « trois mois » avant de parler de sa grossesse. De ce fait, elle a vécu ce drame seule, sans personne pour la soutenir à part son compagnon, mais sans pouvoir prendre de repos ou quelques jours pour s’en remettre. De ce fait elle a décidé d’en parler de suite la seconde fois, dès qu’elle l’a su. Bref, autant de questions que j’ai pu me poser comme vous l’imaginez sans peine. Dois-je en parler? A qui? Et si je fais une fausse-couche? Est-ce que ça serait pire pour moi de devoir le vivre seule ou annoncer que j’ai perdu mon bébé?

Bref, si un jour vous souhaitez avoir des enfants, je vous souhaite de passer au travers de ces questionnements et ces peurs-là.

Surtout que ça confine à la superstition. Si je parlais de ma grossesse à quelqu’un j’avais peur de m’attirer le « mauvais œil », je n’osais même pas prononcer le mot « f***-c*** » de peur de… Alors en parler à mon amoureux… Inenvisageable. La solitude commence à partir du moment où l’on s’oblige à taire ses peurs. Paradoxalement, chacune vit les choses comme elle peut. Moi je préférais vivre seule et repliée sur moi-même la perte potentielle, plutôt que devoir le dire à tout le monde et subir la compassion et la pitié d’autrui. Juste devoir le dire, annoncer cette mauvaise nouvelle là, aurait été au-dessus de mes forces. Mais c’est propre à chacune, et surtout il ne faut suivre aucune règle parce qu’elles sont pré-établies mais bien parce que c’est votre choix.

Attention : Ceci est valable pour tout !

Il y a tout un tas de choses qu’on attend de vous lorsque vous êtes enceinte. La première d’entre elle est le bonheur. Vous vous devez d’être HEUREUSE. Rayonnante, éblouissante, souriante, sur un nuage, etc. Alors qu’en fait on a mal au ventre, on ne fait que dormir, attendre que quelque chose de BIEN se passe, de voir, d’entendre, quelque chose pour REALISER la présence de ce bébé que l’on devine mais qui reste abstrait. Une présence que l’on ne voit pas mais que l’on a peur de perdre. Enfin vous voyez tout le dilemme.

Alors effectivement, personne n’est CONTRAINT de se foutre la pression, de simuler un bonheur absolu etc. Mais je vous jure que c’est excessivement culpabilisant. On culpabilise vis-à-vis du bébé parce qu’on ne sait pas être juste heureuse, on culpabilise vis-à-vis des autres parce qu’eux n’attendent pas tant de doutes et de peurs de vous. On culpabilise pour tout et pour rien. Ah ! La joie des hormones !

2 : La culpabilité

Moi, mes hormones, elles m’ont fait culpabiliser. Sisi. La mauvaise mère que j’étais qui n’arrivait pas à être « juste » heureuse et à changer de vie du jour au lendemain.

Arrêter le tabac, l’alcool, le thé, le café, la viande crue, les sushis, le thon, toutes les sortes de foies, le lait cru, tout ce qui  n’est pas pasteurisé, le jambon cru (je précise parce que ça c’était duuuuur…). Laver touuuus les légumes au vinaigre. Il faut également arrêter les chats. Enfin oui, les litières de chats mais bon ! Faut bien s’en occuper du chat pourtant ! Il faut arrêter les colorations, faire attention aux produits que l’on utilise sur soi ou pour le ménage. Faire attention à son poids, manger mieux mais pas plus même quand on crève de faim. J’en oublie sûrement tellement.

Je vous jure que c’est culpabilisant de ne pas réussir à être parfaite du jour au lendemain. Avoir juste ENVIE de fumer est culpabilisant, alors craquer… On n’en parle pas. La sensation d’être une mère indigne parce que c’est difficile de ne pas être un modèle digne d’une série télé, elle revient tout au long de ce troisième mois. Le pire c’est de repenser à tout ce qu’on a fait pendant qu’on ne savait PAS. Imaginez.

Le pire au final c’est que les deux « peurs » et « culpabilité » vont de paire. Sorte de package cadeau de la grossesse, du premier trimestre quoi.

Le premier trimestre est vraiment le lieu de tous les doutes, toutes les peurs, tous les questionnements possibles et le pire, le summum, c’est la culpabilité. J’ai parlé avec une amie qui est maman depuis deux ans, qui m’a dit qu’il faut faire du mieux qu’on peut. Faire de son mieux. De toute façon les attentes des autres s’arrêtent là où commencent nos propres attentes, nos propres envies, nos propres émotions, nos capacités même. Apprendre à déculpabiliser, ce qui est plutôt drôle en y pensant, on devrait plutôt apprendre à ne pas culpabiliser.

Et puis il y a cette comparaison constante entre femmes, entre mères, comment elle elle a fait, comment machine a vécu ça et blablabla.

Oublions les autres.

Sur ce long article, un peu songeur et empli d’une certaine dose de rébellion contre moi-même, je vous laisse mes agnelles. Les bisous.

Des Bisous !

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